goguette


goguette

goguette [ gɔgɛt ] n. f.
XIIIe « propos joyeux »; a. fr. gogue goguenard
Loc. fam. EN GOGUETTE : émoustillé, légèrement ivre. Être en goguette. Des invités en goguette, disposés à s'amuser, à faire la fête.

goguette nom féminin (ancien français gogue, réjouissance) Familier. En goguette, en léger état d'ivresse, émoustillé. ● goguette (difficultés) nom féminin (ancien français gogue, réjouissance) Orthographe Être, se mettre en goguette : toujours au singulier. Remarque On disait, aux XVIIe et XVIIIe s., être en ses goguettes (= être de belle humeur et un peu ivre). Le mot est issu de l'ancien français gogue, réjouissance, liesse. ● goguette (expressions) nom féminin (ancien français gogue, réjouissance) Familier. En goguette, en léger état d'ivresse, émoustillé.

goguette
(en) loc. adj. Fam. Mis de belle humeur par la boisson; bien décidé à faire la fête.

⇒GOGUETTE, subst. fém.
A. — Vieilli et fam.
1. Propos joyeux, plaisanterie. Conter goguettes (Ac. 1835, 1878). Enfant gâté du dessert, on lui passait ses crudités, ses goguettes de langage, mille familiarités sans conséquence (SAINTE-BEUVE, Portraits contemp., t. 1, 1846-69, p. 117).
Loc. vieillie, p. antiphrase. Chanter goguette(s) à qqn. « Lui dire des injures, des choses offensantes, fâcheuses » (Ac. 1835, 1878). Ils passèrent chanter goguette aux patriotes qu'ils connaissaient dans leurs paroisses (E. PÉROCHON, Au cri du chouan, Paris, Plon, 1976, [1933], p. 47).
2. Synon. de beuverie, bringue (pop.), noce. Les négociants de Saint-Malo étaient si riches que, dans leurs jours de goguettes, ils fricassaient des piastres, et les jetaient toutes bouillantes au peuple par les fenêtres (CHATEAUBR., Mém., t. 1, 1848, p. 204). V. attifement ex. 3.
Loc. verb. ou adj., usuel. (Être) en goguette(s). (Être) de bonne humeur, sous l'effet du vin et de la bonne chère; (être) en partie fine :
... il ignore (...) dans quelles circonstances on met un chapeau haute forme. Avec le sien, au milieu de toutes ces filles en cheveux, il a l'air d'un petit notaire de province en goguette.
PROUST, Guermantes 2, 1921, p. 501.
B. — Société chantante, à Paris, au XIXe siècle, se produisant dans un cabaret; p. méton., le cabaret lui-même. La circulaire de M. le Préfet de police concernant les réunions chantantes appelées goguettes (BÉRANGER, Chans., t. 2, 1829, p. 210). La jeunesse a oublié Musset et ne croit plus à la folle orgie. On ignore Pierre Dupont. Béranger n'est plus chanté, même aux goguettes (A. DAUDET, Crit. dram., 1897, p. 229).
Prononc. et Orth. : []. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1462 faire goghettes « se régaler » (Cent Nouvelles Nouvelles, éd. Franklin P. Sweetser, XCIII, 76, p. 528 : ung bon poussin et une belle pièce de mouton, dont nous ferons goghettes); 1549 [être] en [ses] goguettes (EST.); 1704 être en goguette (Trév.); 1829 « société chantante » (VIDOCQ, Mém., t. 3, p. 356). Dér. de l'a. fr. gogue « plaisanterie, raillerie » (XIVe s., Isopet I, éd. J. Bastin, t. 2, XXIII, vers 240) vraisemblablement issu d'un rad. onomatopéique gog qui exprimerait la joie et qui serait à rapprocher, pour la partie vocalique, de kok (cf. coq) et, pour la partie consonantique, de gag (cf. gaga); suff. -ette. Fréq. abs. littér. : 59. Bbg. QUEM. DDL t. 1.

goguette [gɔgɛt] n. f.
ÉTYM. 1549, être en ses goguettes; faire goghettes « faire ripaille », 1462; de l'anc. franç. gogue « réjouissance », selon P. Guiraud, déverbal de goguer « railler, plaisanter », d'un gallo-roman gobbicare, rad. gobb-. → Gober, gaber, jabot et aussi gogo (à gogo).
1 Loc. fam. En goguette : émoustillé, légèrement ivre après des libations un peu trop copieuses. || Tapage nocturne de marins en goguette. || Être en goguette : être en partie fine. Ribote.
1 Bons vivants que met en goguette Le vin d'une vieille feuillette.
Béranger, Av. de Bagnolet, in Littré.
2 Les esquisses que mon fils avait faites d'après les dessins de Goya représentant des moines en goguette, et dont il avait orné notre chambre, le scandalisèrent un peu (…)
G. Sand, Hiver à Majorque, III, I.
3 Il a même (…) soupé, il y a trois jours, en goguette.
Barbey d'Aurevilly, les Diaboliques, « Le plus bel amour de don Juan », I.
4 Le fiacre venait en effet de dégorger, au seuil de l'édifice, des collégiens en goguette qui avaient besoin de voir la mort pour y croire.
Villiers de L'Isle-Adam, Contes cruels, p. 115.
Vieilli. || Une goguette. Bringue, noce. || Un jour de goguette.
2 (1829). Hist. Nom donné à Paris à des sociétés chantantes (qui se réunissaient dans des cabarets).
5 La restauration vint faire au peuple de tristes loisirs; oui… bien tristes ! car il fallait se consoler de Waterloo et de l'entrée des alliés à Paris. Les vieux soldats, les ouvriers, se réunirent pour répéter en chœur des refrains patriotiques (…) La chanson descendit du Rocher de Cancale aux cabarets des barrières. Les sociétés chantantes devinrent des Goguettes ! Oui, le règne de la Goguette était arrivé !… La Goguette, qu'a célébrée Debraux, qu'a protégée Béranger (…)
L. Couailhac, les Sociétés chantantes, in Ch. Paul de Kock, la Grande Ville, t. II, p. 245 (1843).
Par ext. (vx). Cabaret.
3 Loc. Vx. Chanter goguette à qqn, l'injurier. Pouilles.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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